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Troisième édition : Université de Montréal

Station Édouard-Montpetit, automne 2025

L’Université de Montréal a réalisé la troisième édition du programme d’art temporaire porté par le REM, sous la supervision de l’architecte et professeur invité Sylvain Bilodeau, de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal.

Trois œuvres temporaires ont été réalisées dans le cadre d’un cours intitulé Activité interdisciplinaire en aménagement, donné à l’été 2025. Dans le cadre de ce cours interuniversitaire, les étudiants et étudiantes en provenance de différents établissements étaient invités à concevoir et créer une œuvre qui contribue à l’identité d’un lieu de mobilité, soit la station Édouard-Montpetit du REM.

 

Les œuvres

Logarythme Accalmie Sous-sol : une géologie humaine

Logarythme

Artistes : Camille Leins, Charles-Étienne Lebrun et Liliana Kovac

Photo : Charles-Étienne Lebrun Photo : Charles-Étienne Lebrun
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
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Logarythme puise son inspiration dans l’ancien tunnel ferroviaire sous le mont Royal, réhabilité dans le cadre du REM afin de relier les stations Édouard-Montpetit et McGill du réseau. Par cette référence au tunnel, l’œuvre évoque le mouvement, le temps et la mémoire.

Sculptée dans du bois massif de chêne rouge, une essence qui trouve sur le mont Royal un habitat privilégié, Logarythme se compose d’arches basses et courbes émergeant du sol comme des côtes fossilisées, guidées par les cernes de croissance de l’arbre. Chaque courbe porte la trace du vivant, chaque ligne une temporalité. La sculpture rend ainsi hommage au rythme régulier des passages, aux structures invisibles et à la continuité. 

 

Le processus créatif raconté par les artistes

« Notre recherche contextuelle s’est nourrie de l’environnement urbain de la ville, son métro, ses tunnels et la topographie du mont Royal. Ces références ont guidé notre réflexion vers des formes organiques et rythmées, évoquant à la fois le passage, l’excavation et les vestiges urbains.

Le choix du bois s’est révélé comme une évidence. Étant un matériau familier, mais aussi porteur de sens, il relie notre projet à l’écosystème du mont Royal. Ses cernes, pouvant être expliqués par une fonction logarithmique, font écho aux rythmes de croissance et aux phénomènes naturels qui nous ont inspirés tout au long du projet.

La fabrication de l’œuvre a exigé un travail physique considérable. Huit plots de chêne, tous travaillés et sculptés avec des outils industriels lourds et difficiles à manier. Cette contrainte technique, loin d’être un frein, a renforcé notre rapport à la matière et notre esprit d’équipe. Des imprévus ont marqué le projet, comme une arche se fendant après des jours de travail. Plutôt que des échecs, ils ont été des expériences formatrices. Ils nous ont rappelé que la création naît aussi des accidents et des qualités intrinsèques des matériaux. »

Accalmie

Artistes : Kesso Yali Bah, Salomé Magne et Midleney Kirdlanda Joseph 
Avec la collaboration de : Kamy Rhéault

Photo : Kesso Yali Bah Photo : Kesso Yali Bah
L'œuvre Accalmie installée
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
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Accalmie se présente comme un espace de détente à l’ombre et un instant de répit au cœur du flux urbain. L’œuvre prend la forme de deux assises sculpturales en bois et en acier installées de part et d’autre d’un chemin piétonnier, et recouvertes de tissus colorés. 

Au fil de la journée, les tissus filtrent la lumière et projettent au sol des ombres mouvantes, composant une ambiance douce, sensible, presque méditative. L’œuvre agit ainsi comme une respiration visuelle qui invite les passants et passantes au ralentissement. 

Le chemin qui traverse Accalmie a aussi cette particularité d’offrir un point de vue sur les deux autres œuvres de cette exposition, favorisant une prise de conscience de leur cohabitation dans l’espace public et du lien discret qui les unit.

 

Le processus créatif raconté par les artistes

« Le projet a pris forme après une première visite sur le site, où plusieurs contraintes environnementales se sont imposées : ensoleillement intense, pente marquée, vent constant, absence d’espace de repos. Plutôt que de les contourner, nous avons choisi de les transformer en points forts. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un banc pour les usagers, offrant une zone d’ombre tout en laissant circuler le vent à travers des tissus. Par ailleurs, la présence d’un chemin de désir nous a inspirées : nous avons décidé d’en accentuer la courbe en positionnant notre œuvre de part et d’autre, comme un écrin enveloppant le passage.

L'œuvre a été réalisée en quatre temps. Nous avons commencé par le tissage, avec plusieurs semaines consacrées à l’exploration de différents entrelacements, textures et couleurs. Puis, il y a eu la peinture, avec 16 tiges d’acier de 8 pieds peintes en jaune pour s’intégrer harmonieusement à l’environnement. Ensuite, la couture, avec 800 pieds carrés de tissu cousus en une semaine, chaque fin de journée marquant une avancée. Et pour finir, la menuiserie, avec la fabrication des assises en bois avant l’installation sur site.

L’œuvre a été conçue pour être facilement démontable, réutilisable et adaptable à d’autres lieux. Cette approche vise à prolonger la vie du projet et à valoriser les matériaux au-delà de leur première utilisation. »

Sous-sol : une géologie humaine

Artistes : Claire Labrecque et Rose Martin 

Photo : Luc Joo Baya Photo : Luc Joo Baya
Photo : Luc Joo Baya
Photo : Luc Joo Baya
L'œuvre en cours de création.
L'œuvre en cours de création.
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Sous-sol : une géologie humaine fait référence à la fois au sous-sol géologique et architectural, en interrogeant les liens entre le territoire et les objets.  

L’œuvre se présente comme un artéfact fictif, qui aurait pu être découvert lors de l’excavation de la station Édouard-Montpetit du REM, la station la plus profonde au Canada et la deuxième plus profonde en Amérique du Nord. Dans un réfrigérateur d’un autre temps, des articles aussi familiers que disparates sont archivés et exposés à la vue des passants.

Chaque objet collecté raconte une histoire individuelle, mais leur assemblage forme un portrait collectif du quartier, entre mémoire intime et récit commun. 

 

Le processus créatif raconté par les artistes

« Au fil de nos découvertes d’objets, nous avons voulu les mettre en valeur et leur donner leur propre voix. Pour accompagner notre sculpture, nous avons donc créé des cartes à collectionner à l’effigie des objets qui sont placés dans le réfrigérateur. Ces cartes sont éparpillées dans le quartier et permettent aux usagers de rencontrer nos objets d’une tout autre manière. Tout au long de notre processus, l’ordinaire est devenu exceptionnel, c’est pourquoi ces cartes sont faites pour circuler et pour être échangées. Notre intention première est de souligner la communauté qui fait partie prenante de notre projet. »